Poésis III.

Je suis né de l’hiver des tombes
D’Hiroschima Nagazaki
Les homme d’alors ont choisi
L’otage enfant avec la bombe.
Ne fallait-il pour que vie dure
Devant le malheur d’Orient
Nouvelle aurore à l’Occident
La force d’amour qui conjure.
Je suis né de folle espérance
Dans la giberne des maudits
Mon temps à la terre relie
Son histoire longue à sa chance.

Je suis né roi de la misère
Comme poème en poésie
Et qu’il me pleure ou qu’il me rie
Est signe de paix ou de guerre.
Je suis la force d’évidence
Qui fait le soleil et la pluie
L’âme damnée des théories
Cette fin où tout recommence.
Je suis le phoenix immuable
Qui n’interroge ni ne rit
Le sphinx en creux de ciel de lit
Dieu larre de l’âtre et des tables.

Je suis la source qui abreuve
Le clair ruisseau l’âme et l’esprit
Le ru fugace qui s’enfuit
Le limon fertile des fleuves
Je suis le roi nu des présages
Que l’on triture à fantaisie
Comme le jouet du petit
La bête inoffensive et sage
Je suis le libre ridicule
Balloté des vents et des pluies
Venez à moi je vous en prie
Comme le fardeau vers sa mule.

Je suis de vous comme en vous-mêmes
Rechigne l’enfant qu’ont trahi
L’oreille courte l’ironie
L’ignorance noire l’anathème
Je suis le serviteur fidèle
De la grand-dame d’Hibernie
Qui fait et qui défait nos vies
D’un frôlement de son ombrelle
Je suis né prince en improbable
Fils de loup entre jour et nuit
Venez à moi je vous en prie
Comme l’océan vers le sable.
———–



Menaces.

Si revenait jamais
Le temps des années brunes
Quant en lieu d’idéal
Nous aurions le souffrir
Un espoir massacré
Dans les fosses communes
Sous les ailes banales
L’agonie des martyrs.
Si revenaient jamais
Ces temps dans l’avenir.(bis).

Et ne dirait-on pas
Que l’instant recompose
Un sourire d’enfant
Une joie ravivée
Une trace de nous
Survivra dans les choses
De l’honneur de tenir
Et du droit d’être né.
Si revenait jamais
Le temps des effarés(bis).

Si revenaient jamais
Le temps des sombres brutes
Le pouvoir des valets
Sur la vie et la mort
L’ange du malheur
Attirant dans sa chute
Les pays les cités
Et les hommes hagards
Si revenait jamais
Le temps des charognards(bis).

Mais ne dirait-on pas
Une aurore nouvelle
Un désir revenu
Un plaisir de chanter
Une grâce tenue
Devant la mort cruelle
Quelque chose de nous
Sur la terre sauvée
Si revenaient jamais
Ces temps d’iniquité(bis).

Si revenaient jamais
Visions des camps de la mort
Et tous ces enfermements
Pour cause d’existence
Bourreaux et miradors
Crématoires et potences
Et l’ignoble salut
De quelques mirliflores.
Si revenaient jamais
Le temps des matamores(bis).

Mais la grâce dansée
Debout parmi les fleurs
Les mots enchantés
Au milieu des couleurs
Et ne dirait-on pas un regain de nature
Une vie relancée
Vers d’autres aventures
Quelque chose de nous
De toute éternité.(bis).
——————



N’en veuillez pas à la Bretagne.O va halon.

N’en veuillez pas à la Bretagne
A mon pays double et plaignant
Les vents érodent nos montagnes
Je pense à nous du fond des temps
Ce sont nos mille et cent jeunesses
Qui s’ébattent parmi les champs
Qui furent la glèbe et noblesse
A des soudards ivres de sang.
Ceux-là se voulaient d’Angleterre
Bourbonnais Lombards ou Francs
C’étaient pillards et gens de guerre
Le peuple vil et manant.
je porte en moi notre chimère
Notre âge d’or au fond des eaux
le fier réponds péninsulaire
A l’île blanche et pure Albio.
Etais-je page en mappemonde
Sous Arthur à Kerléon
Ou serveur à la table ronde
A Brocéliande près de Paimpont
Je pense à notre histoire épique
Aux rois et chevaliers fablant
A la matière énigmatique
Qui unit la terre et le chant.
Je revois Merlin et Viviane
A la fontaine des amours
Cette beauté qui nous condamne
Au piège perfide et velours
Je pense au fiel des mâles-morts
A l’âme aux rets des sortilèges
Où vas-tu bien prince consort
Qui passe ici par froid de neige
A quelle source boit ton âme
Sais tu la terre des proscrits
Ceux là se voulaient d’outre lame
Bretagne est celte et poésie.

O va halon
Piou a gar an itron
Va zouar n’eo ked ar bed man
O va zud ker va henvro koz
Sterennou Breiz a zo luhan
Evel eun tan gwall e kreiz an noz.(bis).

N’en veuillez pas à l’Armorique
A mon pays quiet et dormant
La bûche est froide et la colchique
Porte le crime entre les dents
Ce sont nos mille et cent légendes
Par les chemins des rémissions
Larres et lianes pantelantes
E terre d’oubli et pardons.
Tristan ne revient du voyage
Ahès la vieille fait la loi
L’enfer commence au voisinage
La raison vide l’enfer froid
C’étaient terreurs pestes et guerres
Et nos chefs morts maléficiés
Nos sentinelles sont de pierres
Les belvédères des damnés
Au large passent nos voilures
Nos folles avoines ont clairs semis
A la légende naît l’augure
Les temps ravivent l’Hibernie
Ce sont mille joyeux corsaires
Les gais retours des ponants
Le guetteur debout solitaire
Sur les confins de l’Occident
Je pense à notre race altière
A ceux qui furent et seront
Baies de soleils crépusculaires
Du royaume des morts des Bretons.

O va halon
Piou a gar an itron
Va zouar n’eo ked ar bed man
O va zud ker va henvro koz
Sterennou Breiz a zo luhan
Evel eun tann gwall e kreiz an noz.
lared d’in histor hir om zud
Divro Iwerzon bro gambre
Ar gerneziz pep tu Mor-Breiz
Merzin Arzur pe Kadwalhad
Goudrech a trubadurez
Dizmegans hag heskinerez
Gwriou ar vro guerriou ar bobl
Gwechall breman a da viken.



Je t’attendais.

Je t’attendais à cette page
Je t’attendais comme un ami
Qui s’en revient vers son village
Reprendre l’air de son pays
Pose là ta charge et ton sabre
Les durs chemins que tu as pris
Roulent convois noirs et macabres
Vers les trouées de l’infini
Qu’il te soit dit par voix passante
Porte-faix de crimes et délits
Je compatis à ta mort lente
Mais pitié pour leurs pauvres vies(bis).

Réchauffe ton corps à ma flamme
Ce bois qui brûle est encore vert
Et ce bouquet pour cette femme
Que tu entraînes vers l’enfer.
Ne crains pas que ma main tremble
Je n’ai ni pitié ni fureur
Mon chant et ma terre vont l’amble
Je serai ton dernier passeur.
Qu’il te soit dit par l’ombre errante
Par l’humaine sentence et l’édit
Je compatis à ta mort lente
Mais pitié pour leurs pauvres vies.(bis).

Mange mon pain bois à mon verre
Je ne suis ni galeux ni maudit
La marche longue du mystère
Croise deux doigts sur mon pays.
Allonge toi sur cette couche
je sais ce qu’il est dur d’errer
Deux mille ans parlent par ma bouche
La nuit apaise le blessé.
Qu’il te soit dit par l’inclémente
Et l’espérance qui bondit
Je compatis à ta mort lente
Mais pitié pour leurs pauvres vies(bis).

Faîtes que l’homme sur la terre
Germe d’esprit d’âme et d’éveil
Voici l’otage de la guerre
Rien ne sera jamais pareil
Je suis le loup dans sa tanière
Et je suis l’hôte sous son toit.
A toi qui reçois les prières
A toi qui dictes et fais la loi
Qu’il te soit dit par voix mourante
Par l’homme au seuil de l’autre vie
Je compatis à ta mort lente
Mais pitié pour leurs pauvres vies(bis).



Prière à Notre-dame.

De Notre-Dame des ratières
Et de par Dieu je vous supplie
Justice soit sur notre terre
Miséricorde et grand merci.
A qui consent la mort est bonne
Et large l’horizon des blés
Ombre et silence des colonnes
Notre-Dame des mal-aimés.
C’est du peuple que tient la gloire
C’est au chacun de la nommer
Afin que puisse la victoire
Justice et paix fraternité.

De Notre-dame des lumières
Du désespoir du condamné
Du grain qui lève et dégénère
Et par la faute pardonnée
A qui devient la loi ordonne
De courte ou longue destinée
Et par la chance ou la maldonne
Par les terreurs de l’effaré
Par ce pays que tu façonnes
Ton voeu ton coeur en charité
Ton doux visage de madone
Notre-Dame de Chrétienté.

De Notre-dame imaginaire
Quasimodo le proscrit
Louange à la femme dernière
Esméralda et son cabri.
Etre chrétien pour la prière
Ce grand appel vers l’infini
Et pour l’amour en son mystère
Le corps glorieux d’un jésus-christ
Et qui consent vient au suaire
Et qui se meurt monte à l’esprit
Notre-dame de poésie.

De Notre-Dame millénaire
Me voici bien en ton abri
Quelques instants de joie plénière
Volés aux temps d’ignominie
Ce peuple encore crie sa misère
Et son martyr et sa folie
Le temps d’un rêve libertaire
Comme un appel de paradis.
Notre-Dame de Paris.(bis).



J’ai vu Paris.

J’ai vu paris laver son âme
J’ai vu Paris brandir le poing
J’ai vu Paris depuis la rame
J’ai vu Paris Paris putain.

Mon vieux pays tel qu’en un rêve
Depuis le fond de ta douleur
D’autres enfances qui se lèvent
Paris la merde Paris la fleur.
C’est dans ma nuit charnelle et les hivers trop longs
Le coup venu de lourd la chute la morsure
C’est l’odeur d’une femme et deux blanches mamelles
Et qui se glissent encore en langueur et femelles
Au plus chaud de l’alvôve où règne ma chanson
Et c’est l’amie soudain livide qui s’abandonne
D’avoir poussé trop loin le jeu de la frontière
Et le gars pas malin planté comme bannière.
Qu’est-ce donc cet amour qui délivre et qui cloue
Ce gouffre vénéneux où règne la gorgone.

J’ai vu Paris comme une femme
J’ai vu Paris ronger son frein
J’ai vu paris montrer sa lame
J’ai vu Paris dans le ravin.

On se connaît trop peu ma France
Mais cette Europe sans débours
A quoi bon vivre un tel silence
Ce secret si simple et si lourd.
Mon doux pays dans une aubade et la relève des couleurs
Un vieux drapeau dur et malade Paris du crime et du malheur
L’absence courait dans toutes les veinailles
La feuille reverdit et le bosquet tressaille
C’est un dieu qui s’en rit au coeur de la bataille
Un gnome dans l’aubier un farfadet moqueur
Puis la terre cracha le feu de ses entrailles
Et tu lisais poète en toutes les terreurs
Une joie à venir et le grain dans la paille.
Pleure pleure mon coeur et moissonne et émonde
Pour la douleur sans nom et la douceur immonde
Le multiple et fécond où germent d’autres mondes
La force d’un courroux la dure foi qui gronde.

J’ai vu Paris couver sa rage
J’ai vu Paris tendre la main
J’ai vu Paris comme un village
J’ai vu Paris dans ses bouquins.

Mon vieux pays dans la resquille
La foule en marche qui comprend
Quand la forteresse godille
Et le camarade pleurant.
Au loin la mer à la fenêtre de cette chambre qui attend
Cette douleur à ne pas naître dore le fruit vienne l’enfant
Et tu seras seigneur et maître dans cette chambre de plein vent
Léguées au seuil bottes et guêtres ta guerre fut souvienne-t-en.
A mort le trompeur et béquille à mort le faussaire et tyran
Le puissant n’est qu’une anguille que l’on ferre dans le courant
Mais que l’enfant vienne à paraître et je retrouve mes dix ans
Et mes désirs à tout connaître j’ai vu Paris dans un roman.

J’ai vu Paris serrer sa haine
J’ai vu Paris germer du temps
j’ai vu Paris des bords de Seine
J’ai vu Paris en Occident.

Mon vieux pays dans la matière
Où se fécondent les nations
Le prix des larmes des colères
L’épure et la révolution.



Nous te ferons l’Europe.

Nous te ferons l’Europe de la terre et de l’eau.
Nous te ferons l’Europe de Brest à Brest-Litov
De Grenade à Narwik d’Istamboul à Galway
Nous te ferons l’Europe populaire et magique
De la steppe et l’azur océane et tragique
Nous te ferons l’Europe avec quelques mots simples
Tirés d’un manuel d’avant-guerre à deux francs
Aux bistres verts et bleus effacés par le temps
Où de petits soldats portent leurs baïonnettes
Comme les enfants jouent à la guerre et conquête
Anonymes soldats et marins d’opérette.
Un canal à Venise une vue du Parthénon
Le Reichstag à Berlin les bateaux de hambourg
Et la Meuse en Ardennes et Belgrade en Serbie
Les ruines de Rome le détroit de Ménaï
Un moulin de Hollande figé dans son silence
Mais Moscou en Russie capitale et martyre
Et cette plaine immense où gisent des empires.
Nous te ferons l’Europe avec des chiffres fous
Des bourses qui anonnent des cargaisons de sous
Des péniches ventrues langoureuses matrones
Et nos ordinateurs branchés sur l’univers
Et la haute raison sur toutes les fréquences
Quand le monde est chanson et que tout recommence
Nous te ferons l’Europe avec des bouts de laine
Des billes perdues ou des poupées en bois
De blondes loreleï trônant en souveraines
La candeur de l’enfant et le chant des sirènes.
Nous te ferons l’Europe de toutes espérances.
——————–



Sant Brieg blues.

Un petit tour en ma cité
Le goût amer d’un café noir
le journal via l’éternité
Les bavardages du comptoir.
La rue s’anime et c’est samedi
La mer descend par la StGuy
Regards ouverts sur l’infini.

Tout recommence(bis).

C’était il ya plus de trente ans
Je traînais déjà mes langueurs
Rêves à perte de courant
Flux et reflux de la rumeur.
L’enfant qu’on tire par la main
Robe en sortie et l’oeil taquin
L’affiche égare le destin.

Tout recommence(bis).

Mon gros village des ponts
La tour qui veille sur le port
On négocie des cargaisons
De sable en gros de bois du nord.
les tertres content des combats
On se battait pour qui pourquoi
Cargo signalé à Bréhat

Tout recommence(bis).

je ne sais ce qui me retient
De la fontaine à la vallée
Un passant me serre la main
Je pense à d’autres écoliers
A des paras via l’Algérie
l’assassinat de Kennedy
La colère gronde dans Paris

Tout recommence(bis).

Pour remonter le temps perdu
Le pain des rêves et le sang noir
Louis guilloux traverse la rue
Bruits de bottes dans les mémoires.
C’est Cripure devant le lycée
Tristan Corbière ou Jules Lequier
Aux Promenades c’est Villiers

Tout recommence(bis).

Mais la maison des prolétaires
Les grands espoirs sans lendemains
C’est 68 sur les bannières
L’humanité sur mes calepins
Quelle politique pour la misère
Quel avenir depuis Robien
Les hommes vivent leurs chimères
Le temps d’un rêve main dans la main.

Tout recommence(bis).

Comme s’il fallait que je devienne
Ma poésie pour eux pour toi
Un gosse scintille dans la Quinquaine
Tel un Poulbot parmi les rois.
Brieuc l’ancien protège nous
Le monde fait un bruit de clous
Je n’irai pas chez les papous

Tout recommence(bis).

————————–



Le temps de vivre m’est compté.

Refleurira le jour banal
Vivre ou mourir sur la muraille
Ce sont échos des cent batailles
De la grand pieuvre et d’irénée.
pouvoir pouvoir par le supplice
les golgotahs jouent du fanal
le cri du monde fait si mal
les pas perdus font la journée.
le temps de vivre m’est compté(bis).

je vous écris depuis ce lieu
Où mon temps guette son automne
A qui s’en va chacun pardonne
par la fête à peine entamée
Aimer aimer pour quelle histoire
Je ne serai plus commensal
Ni cavalier pour le grand bal
Au trot ma belle haquenée
Le temps de vivre m’est compté(bis).

Comme cette carte à qui attend
Mille baisers à qui soupire
Un gros poupon se tord de rire
La ville est un blanc gynécée.
Avoir avoir par quel tragique
les géants jouent du journal
Au nom du bien et du moral
Est-ce le mont des oliviers.
Le temps de vivre m’est compté(bis).

Le guet revit par le gisant
Le regard noyé dans la pierre
les dures mains des statuaires
Forgent mes plis d’éternité.
Vouloir vouloir pour quelle victoire
Pour quel adieu foi d’animal
Mon corps mon corps pris au grand mal
Ce trop d’amour est sans pitié
Le temps de vivre m’est compté(bis).

——–



Ils sont à moi.

ils sont à moi
Nus et lumières
Ils sont à moi
dans leur beauté
Ils son t à moi
Morts et colères
Ils sont à moi
dans leur bonté.
Ils sont à moi
Morts et colères
Réquiest cat in pace(bis).

O temps ne presse pas l’histoire
Toutes mémoires les saluent
A l’heure des justes venue
Il fait tant beau qu’on y veut croire.
je fus de la trace et du nombre
Mon corps parfois allait saignant
Sous le poids des marbres de l’ombre
la marche aveugle des vivants.
Je ma cachais dans les cavernes
Ou telle la plie sur son roc
je me fondais dans les luzerne
J’égarais la bêche et le soc.
telles ces pacifiques bêtes
le caméléon l’opposum
Mes fausses morts m’étaient conquêtes
dans la folle jungle des hommes.

Ils sont à moi
Au bout des temps
En bout de larmes
Et de la peine
ils sont à moi
Comme on attend
En fin de nuit
Que le jour vienne.
ils sont à moi en charité
Requiest cat in pace (bis).

——



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