Ma cavale.

Ma cavale m’enlève
Sans trêve ni repos
De landes en grèves
De prés en coteaux
Ma cavale de rêve
M’entraîne au galop.0.0.0

Ma cavale sauvage
Sans fers ni licou
Par monts et rivages
De Brest à Moscou
Ma cavale voyage
Et m’emmène partout.ou.ou.

Ma cavale fébrile
Sans frein ni détour
En ce monde débile
Me parle d’amour
Ma cavale infantile
Me joue de ces tours.our.our.

Ma cavale de lune
Par monts et par vaux
Chante mes infortunes
Et se rit de l’agneau
Ma cavale importune
Se met au p’tit-trot.O.O.

Ma cavale étrangère
Compte mes dollars
Quand le cri de la terre
Perce le brouillard
Ma cavale mégère
Rue dans les brancards.ar.ar.

Ma cavale insolente
Brave l’interdit
Quand le jour qui me hante
Se lève à minuit
ma cavale filante
Traverse la nuit.i.i.

Ma cavale sereine
Retour au bercail
Me conte ses peines
Sur not’lit de paille
Ma cavale hautaine
Reprend le gouvernail.ail.ail.

——-



Paris matin.

Paris matin
Les mimosas depuis le train
Et la Provence en sa sourdine.
On cherche on vit on veut éclore
On veut rameuter les chagrins
les pluriels à force d’encore
Le rachat de l’Homme une amphore
Dans les espaces sous-marins.
On veut croire à tous les éveils
Que Terre peut quand elle endure
Le malheur injuste et cruel
Le sens ailé de l’aventure.
On voudrait que tout soit pareil
A l’insoucieuse nature
L’Histoire comptée qui sommeille
Un clin d’oeil dans son embrasure.

Paris matin
La foule va ses durs chemins
Une larme proche aux paupières
On apprend le nom de la pierre
L’humble sourire du destin .
On apprend ce rien qui complique
La valeur de ce nous tragique
D’un jeu terrible et enfantin.
On voudrait éviter la faute
La certitude des raisons
Qui font de cette terre idiote
Lieu de péril et d’abandon.

Paris matin
L’instant se charge de phosphènes
La poésie pose son col
Sur une poitrine une haleine
Les diaprures d’un bémol
On oeuvre en mignard et pédante
Aurions vécu notre mort
Et la morale sénescente
Telle une pieuvre sans remords.
On voudrait clamer à la ronde
Le déni d’un passé tabou
Le pervers l’ignoble l’immonde
Je tente d’être qui êtes vous
J’affirme l’absurde folklore
La mort déjà dans nos berceaux
L’illusion la hideuse aurore
D’un vil discours ringard et faux.

Paris matin
Agonie d’une nuit pâteuse
Des ombres vont cernées de murs
Vers des couches miraculeuses
des tourbillons de soleils durs
On se prend à vouloir le pire
Une rafale de tueur
Les rues soudaines qui respirent
la résurrection du bonheur.
On n’est rien ni les uns les autres
Et semblable au premier passant
La foule va c’est déjà vôtre
Je vais mon blues avec mes ans.

————



Côte d’Azur.

On croirait voir Renoir
Entre deux oliviers
Et ses baigneuses nues
Dans leur volupté calme.
On croirait voir la mer
Aux mains d’un jardinier
Et le temps suspendu
Aux courbes d’une palme.
Je parle d’un midi
Qui brûle ses essences
Où la lumière bleue
Porte le promeneur.
La grâce se recrée
Dans le flux des senteurs
Vont les hommes là-bas
Aux rouges turbulences.

Car un mal a crié
Sa secrète démence
Un navire éclaté
Coule dans les chaleurs
La Méditerrannée
Voit la terre de France.
Nous nous serons aimés
Dans la geste d’honneur.

A pousser la rumeur
Sur les hauteurs de Vence
Un tableau de Chagall
Que déchire le vent
On dirait la blancheur
D’une toile d’avant
Le forfait général
Le mentir de l’engeance.
je parle d’un midi
Qui ne fut pas encore
Que le regard accru
De Léger ou VanGogh
Appelerait tantôt
De la noire voyance
Et calme la douleur
En baume d’indolence.

Car un mal…
—-
Des âmes et des corps
En lacis de fortune
De néons d’artifices
Et de plages recrues
Telle nuit qui se perd
Dans les terreurs de Nice
Le poète tenu
Aux secrets de enfers.
Je parle d’un midi
Qui relève et vénère
Les froidures d’avant
Sous les pas d’un chasseur
Le plaisir insouciant
Sur cette courte terre
Et l’hémisphère blanc
Des nouvelles lueurs.

Car un mal a semé
Sa secrète démence
Un navire éclaté
Coule dans les chaleurs
La Méditerrannée
Voit la terre de France
Nous nous serons aimés
Dans la geste d’honneur.
———



Automne.

spa0842.jpg

C’est en ces arbres que je crois
Tandis que revient leur automne
Parmi les feuilles dans les bois
Sous la pluie fine et monotone.

Temps de mort temps de chien noir
Le glas qui sonne ses neuvaines
Un souvenir le désespoir
D’un grave enfant dans sa vingtaine.

On nargue haut dans les cités
Ces hommes sont pire que des bêtes
Quand au mourir tout est convié
Comme on grandit comme on fait fête.

Quel avenir sur des renoms
De marbre vert de blancs visages
Quel triste peuple aurait l’affront
De l’omission du vil outrage.

C’est en ces arbres que je crois
Dans leur majesté souveraine
De l’insoumis du hors la loi
Debout dans les vents de sa peine.

Odeurs de terre et fruits de l’eau
Dans la grisaille qui perdure
Mon feu me répond en écho
L’impossible loi de nature.

On jette mon nom dans les rues
Depuis la taverne et l’usine
On frappe des hommes à mains nues
On vole on pille on assassine.

Quelle espérance en fin de temps
Au carrefour de notre histoire
C’est l’automne et le bout de l’an
Apprête sa lumière noire.

C’est en ces arbres que je crois
La magie de toute puissance
Le cycle long le fil étroit
Qui fait un dieu d’une semence.

Tout est semblable à ce grain noir
Dont se jouent les vents et colères
Des rires du leurre au vouloir
Accroche son âme à la pierre.

———



Irradiantes.

Je nous retrouve après ce temps
Dans quelques touches de lumière
Semées éparses sur ma terre
Entre l’espoir et le néant.

Quelque chat rôde nouveau-né
Il a plu de nuit sur les cendres
Un ange pourrait bien descendre
Par la cime d’un peuplier

Un mien faucheur a dû trouver
Entre l’argile et l’herbe tendre
Un vieil insecte une salamandre
A l’emblême de Prométhée

Tout est inclus dans la fraîcheur
De blanc de noir et d’émeraude
Le renard proche qui maraude
Porte le siècle avec la peur

Je guette là depuis toujours
Ces rais trop courts à ma fenêtre
Les signes des temps à paraître
Dans l’évidence des retours

Un monde tendre innocenté
Rendu à sa grâce première
Dans le savoir de son mystère
La transparence de l’ondée.



Es tu bien mon pays.

Es tu bien mon pays
Es tu bien ma tendresse
Est-ce donc pour mourir
Que l’on s’aima si peu.
Quand reviennent midis
Au plein de leur jeunesse
Les fleurs du souvenir
Refleurissent bien mieux.
En charge de bonheur
les hommes vont aveugles
Ce point de candeur
Est signe douloureux
Le réponds de terreur
Est conscience qui meugle
La naissance ne sait
Ni l’heure ni le lieu.

Es tu bien mon pays
En fortes retrouvailles
Nous savons nos raisons
Dans nos caches gardées
Par tous nos souvenirs
En treillis de bataille
Et tous nos pas perdus
Dans la neige étoilée.
Qui me fit ce destin
Pour mourir et renaître
Dans les cosses d’hiver
Les graines d’envolée
C’était là où gisaient
Dans la chaleur des bêtes
Les ailes du plain-chant
Le phoenix étonné.

Es tu bien mon pays
Quand l’aurore regagne
Tant de patries perdues
Les vaillances d’antan
Nul appel n’est gratuit
Et le deuil accompagne
Les réveils du passé
Les chances d’occident.
Nous serons par le preux
L’héroïque nature
Le chemin ténébreux
D’après le seuil sanglant
Et par le chiffre d’or
Et la volute pure
La ferveur la passion
La voûte et le tympan.

Es tu bien mon pays
Quand l’offense s’avère
Le crime reconnu
Traque des meurtriers.
A chercher l’ennemi
En flottes de bannières
Dans l’oubli de nos lois
Notre faute cachée.
Qu’en est-il de l’amour
Quand le coeur s’ensommeille
Quand l’âme rebondit
De honte et de santé
Redis moi qu’il est bon
De boire à la futeille
Et de rêver encore
Plus loin que l’enjambée.

Pennoz pennoz war an douar.



Quêtes

Ah.Je vous ai cherchés
par travers d’infortunes
pour décrocher la lune
Jusqu’où faut-il tomber.
Si le savoir ancien
S’est perdu dans les nues
Au bout de ce qui reste
Est-ce un ange déchu.
retrouver se peut-il
Un arpent de sagesse
Au bout de ce qui reste
Un pétale d’avril.
Je te reconnais bien
Toi qui viens des abîmes
A ton regard gagné
Par les nuits sans sommeil
je te reconnais bien
Toi l’idiot sublime
Une main sur ta terre
Un doigt vers le ciel
Et ton crâne cerné
par quatre miradors
Qui je suis est semblable
A ce frère du froid
Au fond de mes clairières
Des canons dans la voix.

Poésie poésie
Que justice soit faite
Aux aires du vivant
Accostent les tempêtes
Balayant les solstices
D’un revers de la main
Pour naître à chaque instant
Dans un nouveau demain.

Je vous ai cherchés
Sur les lèvres sévères
Des doctes procureurs
En sciences engrangées
Dans les blancs corridors
Où les regards se pâment
Aux mots du grand mentor
Des marchands de santé
Où freud a fait son nid
Poussent fleurs d’artifices
Et la blanche terreur
Des enfants impolis
Vous dire encore merci
Mages des maléfices
La victoire est au fond
De votre précipice
Est-ce printemps qui chante
Quand un dieu fait son lit
Dans le coeur d’une amante
En creux de même nuit.

Poésie poésie
Ma compagne hautaine
Qu’aurons nous oublié
De l’ancienne bonté
Qu’ai-je donc tant aimé
Cette nuit souveraine
Où nous fûmes chassés
De Sodome et Gomorrhe
C’était toi c’était toi
Au plus dur de ma peine
C’était toi c’était toi
Aux doigts du désamour.

Je vous ai cherchés
dans les hautes gazettes
Et les potins derniers
Des gazouillis des cours.
Le joueur a blanchi
Mais trois cartes maîtresses
Viennent le temps d’un jeu
Rappeler sept lueurs
Au café du palais
Où le hâbleur invente
Sa guerre capitale
Et ses marchés aux fleurs
Sa lettre générale
Et ses champs de l’honneur.

Poésie poésie
Mes rires et mes fêtes
Les vents que je cherchais
Etaient dedans ma tête
Aux murailles encore
J’oppose ma trompette
La mesure tenue
Par sentence d’hiver
Fait danser la planète
Au bal de l’univers.

Je vous ai cherchés
Aux détours de ma vie
Où l’enfant des pluies
Marchande ses trésors
Je vais poisson d’argent
Encanailler les berges
Chatouiller les orteils
Du géant qui s’endort.
Je te reconnais bien
A la lampe qui veille
Au dedans de ton rêve
Au dedans de ton corps
Quel enfer n’a voulu
De ce roi des merveilles
Du prince hauturier
Qui défiait la mort
Qui je suis est pareil
A celui qui croisa
Le fer au nom du fleuve
Et perdant se gagna.

Poésie poésie
ma quête et ma victoire
Mon empire de pleurs
Ma bannière de gloire
Et ma corne d’argent
Ma démesure sage
Je vais je vis je tends
Que dira le message
Au bout de notre temps.

———



Les mots les mots.

Les mots les mots sont mes amis
Mes compagnons de voyage
Et j’en ferai un paradis
Où ils seront de mon naufrage
Les mots les mots sont mes espoirs
Le seul refuge qui me reste
Quand tout fuit quand tout est noir
Quand je n’apporte que la peste
les mot les mots que je caresse
Que je tiraille ou je triture
les mots les mots pour une messe
Gouttes de sang sous la torture.
Les mots les mots pour un printemps
De pollen et de semence
Les mots pour assouvir les vents
Lorsque souffle la démence.

Pourquoi comprendre
Il faut sentir
La poésie c’est de tout dire
Pour des oreilles qui se bouchent
Les mots qui naissent de ma bouche
Sont-ils du meilleur ou du pire.

Les mots les mots que j’imagine
Auraient des yeux de perles d’eau
Leurs mains feraient tourner l’usine
Leurs voix nous chanteraient ruisseaux
Coeurs éperdus qui tambourinent
Dans les poitrines soulevées
Feraient beaux temps sur les collines
Pour la moisson des affamés.
Les mots les mots que je présume
Gardeval ou Malicantour
Et tous les mots que j’assume
Page promise cap en retour.
Les mots les mots de douce enfance
A jamais perdus corps et biens
Les mots les mots de souvenance
N’était Viviane serait Merlin.

Pourquoi comprendre…

Les mots les mots du dictionnaire
Sur tant de pages maculées
Les mots les mots que j’ai dû taire
Les mots les mots que j’ai gagnés
Les mots de la rencontre
Sur toutes lèvres décousues
Les mots les mots étaient des montres
Impasses sombres voies sans issues
Les mots les mots du vieux délire
Lycantropes ou Antonin
Comment sabbat s’il n’est vampires
Docteut Freud ou Chin-grelin.
Les mots les mots qui tourbillonnent
Sur nos espaces emblavés
On dirait un nouvel automne
Monsieur les mots de la dictée.

Pourquoi comprendre…

Les mots les mots jouent à cache-cache
En salles pleines ou courants d’air
les mots les mots dessous la bâche
Rêvent fontaines et bleu de mer
Les mots les mots cachent leur peines
Sous des masques de carnaval
Ou dans les geôles de la haine
Sous le bâton d’un maréchal.
Les mots les mots battent des ailes
On dirait parfois des oiseaux
Martins-pêcheurs ou hirondelles
Au retour des paradis chauds.
Les mots les mots partis en guerre
Reviennent parfois pour le bal
Que donne la petite bergère
Sur le parvis des cathédrales.

Pourquoi comprendre….

Les mots les mots de la conquête
Eldorado Carême-prenant
Mots de l’amour et de la fête
Aux maux de l’âme les mots du chant.
Les mots les mots de la genèse
Pour les cités du temps présent
Le mot tenon pour la mortaise
Le mot couronne pour l’océan.
Les mots les mots qui meurent
Dans les suaires des damnés
Il fait grand froid en la demeure
Quant l’ami Pierrot s’en est allé
Il n’a rien dit faute à maldonne
Parlait si peu qu’on l’oublia
Pour le vent seul ou pour personne
La claire science qu’il inventa.

Pourquoi comprendre il faut sentir
La poésie c’est de tout dire
Pour des oreilles qui se bouchent
Les mots qui naissent de ma bouche
Sont-ils du meilleur ou du pire.

—————–



Le sens.

Le sens disent-ils.
Le sens réclament-ils à cors et à cris.
Comme si le sens pouvait émaner d’ailleurs que de l’épreuve.
Toutes les littératures du monde ne pourrront rien contre ce simple fait:
Ouvrir un chemin,c’est trancher dans,émonder les,piétiner les,batailler contre des théories d’obstacles imprévus.Suer sang et eau et pleurer toutes les larmes de son corps.

——



Jaune est la rose.

miniroses001.jpg

Il pleut dans les heures d’avant
Le grand gel la neige et le givre
Le jardin pleure sous le vent
Quand tout se meurt elle veut vivre.
Jaune est la rose(bis).

Les gouttelettes bleu-d’argent
Font à l’épine branche lourde
La feuille rare persistant
Lui tient garde brune et balourde.
Jaune est la rose(bis) .

Elle a vécu comme Cendrillon
Quand au printemps faisaient bombance
la jeune abeille et le bourdon
Tous les oiseaux en folle transe.
Jaune est la rose.(bis).

Il pleure dans mon coeur souvent
Si ne me revêts de Verlaine
Aux pétales son duvet blanc
Lui fait un doux châle de laine.
Jaune est la rose.(bis).

———–

——–



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