Amère conscience.

Eclats lumineux des pierres dans la fontaine,le plongeon des dytiques et les lointains échos des batailles humaines.Au pays du silence.Cette amère conscience de n’être pas à ma place en ce monde trop vieux.La vie s’est transportée ailleurs où se nouent les amourettes au pied des HLM,où les hommes se déchirent dans des dialogues carnassiers.
Enfance énuclée qui fut de la rugosité du granit,du saisissement de la main dans les touffes d’eau verte.Transparence de la mare immobile et désolée,je touche d’un doigt gourd l’épiderme du monde.Désertification.Aplomb sec du vocabulaire technocratique.Mais les tiédeurs d’un édredon de plumes un matin de grand gel.Artiste,j’y consens,garant d’éternité,de la poutre et de l’oeuf,du coeur de chêne,du roc inentamé,des ruisseaux méandreux.
La politique:ongles et dents du quotidien,le nombre parmi lequel il nous faut bien survivre.Briser les chaînes de l’ennui,agrandir nos espaces d’être.L’Histoire s’entête,les folles espérances toujours brisées,les mêmes perfidies attisent les mêmes haines,les pestiférés de toujours au banc de l’infamie.Camarade,comme moi dérisoire,n’étais tu pas jadis de ce pays de perles d’eau parmi les herbes tendres.Ton aveu me réchauffe le coeur.



Chanson pour Gwenvelle.

Te souviens tu Gwenvelle
Des retours de pâtures
par les landes cruelles
Dans la nuit des ramures
Et les esprits taquins
Cachés dans les feuillages.
Quand nous étions voisins
Dans le même village.

Rappelle toi Gwenvelle
le petit enfant de choeur
dans son aube nouvelle
Sous l’oeil noir du recteur
Et le pain quotidien
Qu’il n’fallait pas gâcher
Quand nous étions chrétiens
Dans la peur de péché.

Te souviens tu Gwenvelle
Les jours de grands pardons
Quand tu te faisais belle
A flamber les garçons
Des vieilles au matin
Parlaient de sacrilège
Quand on se donnait la main
Dans le même cortège

Rappelle toi Gwenvelle
Aux noces des cousins
Les aubes irréelles
Y’avait les parisiens
les trémolos des chants
L’envol des dérobées
Quand nous étions parents
De lointaine lignée.

Te souviens tu Gwenvelle
Des noeuds dans les mouchoirs
Et nos sabots perdus
Les étoiles du soir
Les flammes libertines
Tutoyaient les noroîts
Quand nous étions la graine
Dans la paume des rois.

Rappelle toi Gwenvelle
Les marchands dénicheurs
revêtus d’arc en ciel
Pour tromper le semeur
Les dures lois du clan
Nous apprenaient les pierres
Quand nous étions enfants
De la reine misère.

Pourquoi faut-il Gwenvelle
Quand nous parlons de tout
Que l’univers chancelle
aux portes de chez nous
Et que tu m’accompagnes
comme une nostalgie
Quand je te dis Bretagne
Tu répondes patrie.
———



Instances nouvelles.

Tout est calme et prochain
Comme piégé d’innocence.
Ils ne sont plus de moi
Que notre histoire assigne
Déjà les flots rentrants
Découvrent des lointains
Inconnus des vivants
Des traces et des signes.
Espaces révélés
D’outre terre et réels
L’ample chant de la mer
Des temps universels.
Il importe de voir
La cité tutélaire
Aux labeurs des ruchers.
L’espoir insoucieux
Magnanime et austère.
Il importe d’avoir
Pour ce trop de lumière
Une larme au revers
Qui retient en un lieu
Il importe que soient
Pour l’humaine conscience
Cette grâce et ce don
Miséricordieux.
Mais que la poésie
Terrassée d’abondance
S’aille chercher ailleurs
D’autres sources de feu.
——



Le temps des fossoyeurs

Le temps ici s’arrêtait en hiver
la pierre crie l’âtre se meurt
Il fait grand froid en la demeure
Voici le temps des fossoyeurs (bis).

Il n’est plus ni rires ni pleurs
Silence d’or sur le malheur
L’âme est enfuie vers les hauteurs
Voici le temps des fossoyeurs(bis).

Le bleu s’écaille entre les doigts
Perles de suie sur les parois
le ciel grisaille dans mon coeur
Voici le temps des fossoyeurs(bis).

Ces vieux outils rongés au coeur
Furent le pain les jours meilleurs
La ronce étouffe le voyeur
Voici le temps des fossoyeurs(bis).

Il pleut des pierres sur l’autel
Lampes éteintes sans appel
la nuit ramasse le veilleur
Voici le, temps des fossoyeurs(bis).

Avant que ne tombe l’ahan
Ou bien l’édit des grands meneurs
Chantez chantez vieilles demeures
La gwerz au nez des imposteurs
Viendront les temps des bâtisseurs(bis).
——————-



Le retour de Tristan.(chanson).

Tristan qui s’en revient revient
Scrute par delà les collines
Autre soleil autre destin
Des cloches tintent des mâtines
Autre soleil autre destin
Tristan qui s’en revient revient(bis).
—–
La nuit frileuse dans ses filets
S’en est allée cacher la lune
Autres mystères autres secrets
un rire traîne dans les dunes
Autres mystères autres secrets
La nuit frileuse s’en est allée(bis).

Le feu pâlissait d’avant mort
Flambent les chênes centenaires
Autres tisons autres décors
Les forêts sont toute lumière
Autres tisons autres décors
Le feu pâlissait d’avant mort.(bis).

Le vent se lève sur la mer
Comme une invite au grand voyage
Autres îles autres amers
S’il est de nouveaux rivages
Autres îles autres amers
Le vent se lève sur la mer(bis).

Voici la route du grand retour
Par les grèves et par les landes
Autres étoiles autres amours
Le vaisseau s’en revient d’Irlande
Autres étoiles autres amours
Voici la route du grand retour(bis).

D’aimer une nouvelle fois
Vous fait aimer la terre entière
Autres raisons autres émois
L’aube vous ouvre les paupières
Autres raisons autres émois
D’aimer une nouvelle fois.(bis).
————



Job Bidon

N’avait de toit n’avait de nom
Passait ici dormait par là
Vivait de rien buvait pour trois
Venait d’ailleurs s’disait maçon
On le surnomma Job bidon(bis).

N’avait de femme n’avait d’enfants
Passait par là dormait plus loin
Vivait de peu buvait du vin
Venait d’nulle part était absent
On ne le disait pas méchant(bis).

N’avait de frère n’avait de soeur
Passait un jour dormait partout
Vivait de vin buvait ses sous
venait toujours était ailleurs
On en avait parfois très peur(bis).

N’avait d’argent n’avait de biens
Passait le pont dormait très lourd
Vivait de quoi buvait au bourg
venait pour braire était malin
On le découvrait au matin(bis).

N’avait d’ennemis n’avait de torts
Ne passa plus dormait tout blanc
Vivait sa fin buvait l’étang
Ne revint plus était bien mort
On ne le pleura pas très fort(bis).

n’avait de terre avait un ciel
Au paradis s’en retrouva
On dit qu’tout là-haut on ne boit
Que la rosée des arcs-en ciel
Et Job s’rait devenu Gabriel(bis).



Discours poétique.

Inconnus de partout sortez de vos mitards
Le navire radoubé est prêt pour le départ
Allons en choeur vers l’espérance
Je vous reconnaîtrai dès le premier regard.
A dieu va la vie est en voyage
Et vous tous les amis aux mains d’orage
N’étouffez plus vos cris dans les draps du silence.
Voici les vérités pratiques du soleil
Voici le monde entré dans ses métamorphoses
et les clartés du jour répandues sur les choses.
Entonnons de tout coeur le chant conquistador
Tous ceux qui ont aimé tous ceux qui en sont morts
Compagnons de misère et de la dure peine
Venez alors dans votre joie sereine
Et nous repeuplerons nos rives désertées
Nous remettrons des nids dans les haies des sentiers
Les poissons par milliers fraieront près de nos sources
Les oiseaux reviendront de leurs lointaines courses
Et nous rassemblerons les cavales sauvages
Qui couraient sur les prés nos landes et nos plages
Le vieux monde n’est plus qu’un pilier de pooussière
Le souffle d’un enfant et le voilà par terre
Aux rires de demain ce sera carnaval
Nos vins couleront sur le carreau des halles
Nous réentonnerons les chants de liberté
Ceux que chantaient jadis nos pères enchaînés
Compagnons de partout sortez de vos prisons
On balaie l’aire neuve pour de belles moissons
Nous danserons des airs venus du fond des âges
Le monde de demain sera fête au village.



Le temps dans sa fuite inexorable efface identités et visages,l’anecdotique,prétexte,excuse ou alibi sans importance littéraire.Reste la quintessence des lieux et des moments restituée dans les mots et la musique.
Représentation.
transposition.
Transmutation.
Quand le poème à l’instar du tableau du peintre se met à exister par lui-même devenant contagieux.
« Comme au passant qui chante
On reprend sa chanson… » L.Aragon.
Je sais les gestes et la peine des semailles,l’espoir naïf du semeur:la récolte future.Sa présence importera peu au moment du partage.



Tad va zad.Père mon père.

De ton passage brun sur la terre automnale
Deux mains lourdes de sève et de sang du labeur
A mon père défunt d’ivresse générale
Je dis ces quelques mots de rires et de pleurs
Je dis le grand pardon d’un homme d’ici-bas
Père mon père le monde(bis).

La terre a déposé un bilan de détresse
Où poussaient les moissons sous les yeux de tendresse
Le fils a notarié les arpents du voisin
ses épis de soleil pour allonger ses gains
La griffe avide encore de brêches et d’espaces
Oyez sur les tractors la jeunesse qui passe.
Conquérants vengeurs d’une terre malade
La mire en tirailleur au bras la ratonnade
Vois le digne labeur des croqueurs de fellahs.
Père mon père le monde va(bis).

D’ardentes inconnues se dorent au soleil
Et l’Amour a connu un droit à son éveil
Le puritains sans corps de la double vertu
Engrossent leur trésor des fruits de déchéance.
Mais les derniers deniers de la paye du mois
Pour le plat des curés les hanches des Maria.
Père mon père le mode va(bis).

On rançonne et on meurt en terre hospitalière
De malins renégats de grasses politiques
Au mépris de soudards pour l’homme et pour ses droits
Bavent sous le regard de peuples faméliques
Et la terre pansée du sang des enfants doux
Les Vietnam massacrés de toujours et partout.
Poésies du pinard et des puantes couches
La main sur le poignard et l’écume à la bouche
La moukère revue dans les souks à soldats.
Père mon père le monde va.(bis).

Les comices épais de la sauce des tables
Gavent des sous-préfets en paille des étables
L’élu partageur tâte les flancs dodus
de la bête féconde et l’accorte servante.
Je t’invite à sourire des marquis de province
Qui de leurs lèvres minces dictent encore les lois.
Des hobereaux lointains chassent dans les grands bois
Père mon père le monde va(bis).

Le temple du savoir toutes paupières closes
Songe sans plus d’espoir à d’anciens petits choses.
La main du dénicheur savait douces coupoles
Où se tenait le nid et les oeufs de couleurs
C’était clair et semis au-dedans du symbole
Dans la page étrennée où labouraient les heures.
Maître et Roi de l’éveil au tableau de l’Histoire
Si renaît un soleil du tréfonds des mémoires
Une aurore s’éveille à la peine et la joie.
Père mon père le monde va(bis).

On n’entend plus hélant les faucheurs des prairies
Les femmes en cuisine aux heures de midis
L’appel répercuté de vallons en collines
Notre langue barbare en long cri vers les cieux
Du troupeau haletant vers qulqu’ombre
Ou la nuit qui descend le rappel impérieux
Vers la traite l’étable ou le dernier repas.
Père mon père le monde va(bis).

C’est encore en la ville où se joue notre sort
L’entassement fébrile des rêves et des corps.
S’en reviennent pourtant vers nos basses contrées
Ceux qui tiennent le monde et font l’éternité
Avant que l’homme ne meure de son intelligence
Par embolie de science aux portes de son coeur.
Père mon père ton monde meurt(bis).

Na hom bepred tud an nétra.
Tad va zad ar bed a c’ha.(bis).



Entends entends.

Je revois ton visage au bord de ma prison
Tu es amour de sang de chair et de maison.
tes larmes ont coulé sur les douleurs du monde
Un innocent qu’on tue c’est ta maison qui tombe.
Tu m’avais libéré de ma cage d’ortie
Et insufflé ta sève aux greffes du printemps.
A moi qui ne savais que le feu des tourbières
Tu m’enseignas la vague le vol du goéland.
je cherche ton mystère entre l’arbre et la houle
Je te cherchais hier dans les bras de la foule.
Ta bouche avide encore des fruits que tu croquas
tes mains émerveillées du faste des cueillettes
Tes bras à invoquer tes meutes de poissons
Ta source est devenue ce flot qui nous entraîne
Du village à sauver dans la paix des fontaines
Aux îles aperçues du haut du promontoire
Ton flux et ton reflux tes tempêtes soudaines
Tes bruissements de feuilles aux dérives des vents
Modulent ta romance et entonnent ton chant.
Pour un matin tout blanc de givre
Pour cette main que tu me tends
Entends entends le jour est ivre
la musique est née du vent.
Pour ce bouquet de fleurs sauvages
Par les sentiers du hasard
Entends entends il se fait tard
Il est midi pour les sonneurs (bis).



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