Poésie disiez vous.

Poésie,devoir de…?.Poésie en quête de …?.
Vous voulez sans doute dire la nécessité ressentie par quelques uns de porter le rêve,d’exprimer l’utopie collective,la trouée de ciel bleu dans le brouillard général;la solution inattendue,facétieuse,telle un rire sous cape,l’écho lointain de la voie future en rappel de bon sens primeseautier;la créature ailée d’après la métamorphose,la raison restituée.
Nous nous étions perdus de vue.
Nous ne nous connaissions pluss;
Nous habitions des masques mortuaires.
Cette lumière d’outre- tombe nous dévore le visage.



Poète

Poète suis-je
Ne suis-je pas
Quelque chose
En moi me démange
Du gros orteil
Au petit doigt.
Comme un frisson
Une envie je ne sais pas.
Ce quelque chose à l’estomac.
Une espèce de cri
Qui me sort par la manche.

———–

Le radar.
J’ai mon radar à accorder
Les ondes passent redoublées
Un oiseau plan est arrivé
Un trou de bombe à terrasser
Mes souliers rêvent de Pégase
De gros bonnets s’essuient le pieds
Les pommiers marchent vers l’été
Une dure écorce pour m’y frotter
Les cornes fleuries d’un bélier
La mer la mer pour m’y noyer
Y a comme une faille quelque part
Je ne vois plus dans mon radar.
C’est le facteur qui a sonné.
——-



Prisonnieri.

Le temps
Est enfermé ici
A double
Le temps
Non la durée
———
Et quoi encore.
On me prend pour quelqu’un.
Messieurs c’est trop d’honneur
D’être pris pour quelqu’un
Quand on n’est qu’un auteur.

Ah c’est quand même quelque chose
D’être pris pour quelqu’un
Quand on est peu de chose
Et qu’on le sait très bien.

Et ce n’est pas normal
D’être pris pour quelqu’un
Qui ne fait que le mal
Alors qu’il ne fait rien.
———-



Quand.

Quand ils auront fini de danser leurs sabbats
Sur ma tête creuse.
Quand ils auront terminé leurs repas
De tripailles fumeuses
Quand ils auront chanté quand ils ne seront plus
Que loques misérables.
Quand ils auront tant ri quand ils auront tant bu
Qu’ils seront sous la table
Quand ils ne verront plus qu’à travers un brouillard
A deux pas à la ronde
Quand ils ne sauront plus qu’il est déjà trop tard
Je reviendrai au monde.
————-
Mai 68.
As tu vu la lune se lever matin
Pour être à la une du P’tit Parisien.
As tu vu la mère de toutes les nations
Se mettre en colère à la belle saison.
As tu vu honnis soient par une nuit folle
Caqueter des oies sur un capitole
As tu vu mal y pense général Tutu
Se gratter la France et s’la mettre au c…

—————



En mal de poésie.

Vous me voyez jouer des orgues
Prier le diable fouiller les morgues.
Grand prélat en messes noires.
J’ai cent écus dans mes armoires
Où sont vos sous si vos sous sonnent
moi au printemps je saucissonne
Dans les prés verts parmi les fleurs
Mes enfants jouent aux voleurs
Ma femme rêve de voyages
Et nous rions sous les ombrages.
Alors pourquoi cette torture
De vos yeux comme blessures
A réveiller les loups d’antan
Dans la légende mon sang.
Ecoute par là
Par où.
J’ai cru entendre le coucou.
————-



En passant parmi vous
Dans un relent d’amour.
Cette main me dit que j’existe pour elle
Ma compagne glissant
Egare des satyres.
Je pèse des nuits à ces regards vampires.
Une anesthésie flasque
De moquettes et de semelles compensées.
Des corps félins en demi-rêve
Dans des vapeurs lentes et bleues.
Beaux.Nous sommes beaux de la beauté des lampes
De demains de néons
Et de paradis torves.
Nous sommes l’avant-garde
Du monde des veilleuses.
————–
Vaille que vaillle le chant du jour.
Nos pas sont comptés quelque part.
Vaille que vaille la plaie perfide
Chanter l’amour par quel langage.
Après l’estompe ne resteront que ta chemise
Et le contour de tes mains
Qui n’auront pas su porter
Le seau d’eau claire jusqu’au seuil.
Vaille que vaille.



Attentes.

Ne vivre que d’avoir
Allez le temps se couvre il va bientôt pleuvoir
Un horizon qui s’ouvre sur des limons noirs.
Amour toujours perdu
Sur des passerelles de gares.
Aimer jusqu’à l’arrêt pour n’être pas en reste
Au festin du hasard.
Les trains fous battent pavillons noirs.
Aimer assez pour être au rendez-vous du jour
Qui se lève sur la ville.
Le dernier train passé un rayon de soleil
A balayé le square.
———–
Plainte de Douarlane.

Quand je vous unissais
Vous m’avez déchirée
Lorsque je vous aimais
Vous m’avez convoitée.
Car vous ne savez pas
Le saurez vous un jour
En mon pays comme en moi
On honore l’amour.
———–
Silences insondés
Grottes atrabilaires
Esclaves enchaînés
De la sombre galère
Des poulpes empereurs
De l’Unique saison.
————-



Après.

Après ne resteront
De notre humanité
Que quelques signes crucifiés
Dans le béton du temps passé.
———
Des bords de l’Aulne.

Le silence et l’oubli
La paix des peupliers.
Ma rivière est ici où je l’avais laissée.
Et je suis du regard
Des collines en mal de leurs épis germés.
Amour tourment dans sa flambée.
L’amour est mort ensorcelé
Et l’eau toujours renouvelée
De ma rivière va son gré.
———-
Ce peu de poésie
Qui marche dans la ville
Retiens le par la main
Prends garde il va périr
Les ailes déchues
Dans l’asphalte et l’opprobre.
———



Terre

Terre Cette terre de chair
Au souffle des ombrages.
Mais c’est un jour ancien
Oublié sous la pluie.
C’est une chanson
Sauvée dans le naufrage
Les lenteurs de la nuit
Glissant par les fenêtre
Ces yeux là mon amie
Mais c’est tout mon pays.
———
Mais le temps pour germer dis
Le temps pour germer.
Les roses d’ici pousseraient sur les pierres
Les lianes des sentiers te prendraient par la main
Et tu m’apparaîtrais sur un dôme de ciel
A projeter vers moi tes faisceaux de lumière
Dis.
Mais le temps pour germer.
————
Il pleut très doucement sur la terre conquise.
Les vieux chênes géants s’éteignent sous la brise
La clameur des combats perdue dans les ravines
Le ciel était si bas qu’on en touchait la cime
Qui mais qui donc a osé quels soudards mécréants
Le crime est là au regard de l’enfant.
Le silence s’étend plus loin que le regard.
————–



Nous avions nos sentiers et nos monts
Nous avions nos prés et nos fontaines
La force de nos bras pour nous mesurer
Nous avions les outils journaliers de la peine
Les mélodies de la source et de la houle
Nous avions nos travaux pour nous valoir
La terre et le Ciel.
Nos martyrs pour nous parer de légende
Nous avions l’âtre et le pain à partager
Nous avions nos mots pour tout nommer
Ainsi disait
Une voix dans la pierre.
——–

Les chancres de béton
Ont souillé les collines.
Laideur des chiures
Et hideur des matins
Mais l’harmonie des soirs
Sous les grands clairs de lune
Mais ces sentiers herbeux
Vers quelles destinées.
Ils menaient autrefois
Vers nos vallées profondes
Mais je marche quand même
Et j’essaie d’oublier
Que ma terre n’est plus
Cette injure au soleil
Et le sang qu’on soutire
Aux veines bleues du songe.
———



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