Le temps dans sa fuite inexorable efface identités et visages,l’anecdotique,prétexte,excuse ou alibi sans importance littéraire.Reste la quintessence des lieux et des moments restituée dans les mots et la musique.
Représentation.
transposition.
Transmutation.
Quand le poème à l’instar du tableau du peintre se met à exister par lui-même devenant contagieux.
« Comme au passant qui chante
On reprend sa chanson… » L.Aragon.
Je sais les gestes et la peine des semailles,l’espoir naïf du semeur:la récolte future.Sa présence importera peu au moment du partage.



Tad va zad.Père mon père.

De ton passage brun sur la terre automnale
Deux mains lourdes de sève et de sang du labeur
A mon père défunt d’ivresse générale
Je dis ces quelques mots de rires et de pleurs
Je dis le grand pardon d’un homme d’ici-bas
Père mon père le monde(bis).

La terre a déposé un bilan de détresse
Où poussaient les moissons sous les yeux de tendresse
Le fils a notarié les arpents du voisin
ses épis de soleil pour allonger ses gains
La griffe avide encore de brêches et d’espaces
Oyez sur les tractors la jeunesse qui passe.
Conquérants vengeurs d’une terre malade
La mire en tirailleur au bras la ratonnade
Vois le digne labeur des croqueurs de fellahs.
Père mon père le monde va(bis).

D’ardentes inconnues se dorent au soleil
Et l’Amour a connu un droit à son éveil
Le puritains sans corps de la double vertu
Engrossent leur trésor des fruits de déchéance.
Mais les derniers deniers de la paye du mois
Pour le plat des curés les hanches des Maria.
Père mon père le mode va(bis).

On rançonne et on meurt en terre hospitalière
De malins renégats de grasses politiques
Au mépris de soudards pour l’homme et pour ses droits
Bavent sous le regard de peuples faméliques
Et la terre pansée du sang des enfants doux
Les Vietnam massacrés de toujours et partout.
Poésies du pinard et des puantes couches
La main sur le poignard et l’écume à la bouche
La moukère revue dans les souks à soldats.
Père mon père le monde va.(bis).

Les comices épais de la sauce des tables
Gavent des sous-préfets en paille des étables
L’élu partageur tâte les flancs dodus
de la bête féconde et l’accorte servante.
Je t’invite à sourire des marquis de province
Qui de leurs lèvres minces dictent encore les lois.
Des hobereaux lointains chassent dans les grands bois
Père mon père le monde va(bis).

Le temple du savoir toutes paupières closes
Songe sans plus d’espoir à d’anciens petits choses.
La main du dénicheur savait douces coupoles
Où se tenait le nid et les oeufs de couleurs
C’était clair et semis au-dedans du symbole
Dans la page étrennée où labouraient les heures.
Maître et Roi de l’éveil au tableau de l’Histoire
Si renaît un soleil du tréfonds des mémoires
Une aurore s’éveille à la peine et la joie.
Père mon père le monde va(bis).

On n’entend plus hélant les faucheurs des prairies
Les femmes en cuisine aux heures de midis
L’appel répercuté de vallons en collines
Notre langue barbare en long cri vers les cieux
Du troupeau haletant vers qulqu’ombre
Ou la nuit qui descend le rappel impérieux
Vers la traite l’étable ou le dernier repas.
Père mon père le monde va(bis).

C’est encore en la ville où se joue notre sort
L’entassement fébrile des rêves et des corps.
S’en reviennent pourtant vers nos basses contrées
Ceux qui tiennent le monde et font l’éternité
Avant que l’homme ne meure de son intelligence
Par embolie de science aux portes de son coeur.
Père mon père ton monde meurt(bis).

Na hom bepred tud an nétra.
Tad va zad ar bed a c’ha.(bis).



Entends entends.

Je revois ton visage au bord de ma prison
Tu es amour de sang de chair et de maison.
tes larmes ont coulé sur les douleurs du monde
Un innocent qu’on tue c’est ta maison qui tombe.
Tu m’avais libéré de ma cage d’ortie
Et insufflé ta sève aux greffes du printemps.
A moi qui ne savais que le feu des tourbières
Tu m’enseignas la vague le vol du goéland.
je cherche ton mystère entre l’arbre et la houle
Je te cherchais hier dans les bras de la foule.
Ta bouche avide encore des fruits que tu croquas
tes mains émerveillées du faste des cueillettes
Tes bras à invoquer tes meutes de poissons
Ta source est devenue ce flot qui nous entraîne
Du village à sauver dans la paix des fontaines
Aux îles aperçues du haut du promontoire
Ton flux et ton reflux tes tempêtes soudaines
Tes bruissements de feuilles aux dérives des vents
Modulent ta romance et entonnent ton chant.
Pour un matin tout blanc de givre
Pour cette main que tu me tends
Entends entends le jour est ivre
la musique est née du vent.
Pour ce bouquet de fleurs sauvages
Par les sentiers du hasard
Entends entends il se fait tard
Il est midi pour les sonneurs (bis).



Le lac.(Guerlédan 75).

Les temps engloutis renaissent au grand jour.
Nous allons au pas d’anciens chevaux qui halaient les navires.
Arbres aux rêves éteints rendus à la morsure du soleil.
Vieux chemins de mesure au rythme lent des éclusées.
Maisons des profondeurs où l’écho a gardé l’appel venu du bief.
Sous les eaux qui dormaient un feu brûlait les pierres
les lames des tréfonds se riaient des épaves
Une eau forte a gravé les contours de la mort.
La terre de la toile telle un Brueghel ancien.
Les sources retrouvées chantent à la lumière.



Flashes.

Toi et moi
Dans notre dernière nudité
Nos mots pilleurs d’âme
Aux abois sous nos côtes
Torpilleurs du silence
Quand l’amour n’est plus là.

La vieille veuve noire
Est morte dans la grange
Et les araignées-loups
Prises dans leur hamac.
Ah.Pouvoir enfin pouvoir
Si l’hôte ne dérange
Pouvoir enfin sortir
Ma tête de son sac.
—-
J’ai envie de dormir
Du sommeil de la dune
Les grands oiseaux de lune
ont rabattu leurs ailes sur le port.
—-
Tendez vos mains
L’aube en est pleine
Et pleine est la grange du bois
le feu rougeoie
D’autres lueurs
De nuits sereines.
Passent les pas du voyageur
Qui de village en chaumière
Marche au-delà de la peur
Dans son halo de lumière.

Piou o tremen aman war-dro
E dreit douarel
E ben evel eur letern
O luhedi e-kreiz an noz du.



Regards.

Par tous vos regards
Papillonner la vie sur toutes vos corolles.
Un soir périt la grande folle
Retour de fête au grand lavoir.
Salut la vie
Salut l’amour.
Une ombre est passée sur la cour
Qui claque aux vents sa banderole
La vie s’en vient
L’amour s’envole
La vie revient
Filles toujours.
——-
Regards profonds moues et silences.
L’ombre qui passe est un clin d’oeil
Pour un élan un nouveau seuil
Dans la nuit longue longue qui s’avance.
——–
Pierrot des nuits et des brouillards
L’Histoire n’est pas en retard.
Tout est d’oubli l’homme est semblable
A ses pères traqueurs de renards
Au temps des tsars au temps des tsars.
Le jour sème ses grimoires
Nulle leçon de la mémoire.
Homme l’envie la peur le vide
La solitude qui compose
Ses lendemains de songe-creux.
Nous n’irons plus part les chemins
Où l’enfant sourd tirait les cailles
Graines de blé
Graines de riz
Dans nos entrailles.Dans nos entrailles.



Silences.

Je cherche le silence.toutes les ailes du silence.Poème que je porte et dont je cherche le regard fuyant.Poème convoité comme fille fugace.Poème insoumis libertaire que je sais là quelque part.Poème colin-maillard.
Silence.Tout est parlant et ces voix qui me crient répondent en écho.Silence des nuits lointaines où les plantes chassaient l’enfant dans leurs filets de lianes.
Silence du chien fou qu’on tuait de fureur.Car pour vivre les hommes érigent des autels.Silence des rappels.
Silence de l’amour retiré dans ses terres et qui cherche l’oubli sans trouver de raisons.Silence des prénoms.
Silence des prénoms qu’on criait à tue-tête.Ne se répondent plus des collines à la mer.Silence du concert.
Silence de la nuit lorsque le temps s’arrête et qu’on attend l’aurore avec des cigarettes.Silence des tempêtes.
Silence de la note qu’on n’a pas su tenir et que les musiciens excusent d’un sourire.Silence d’un soupir.
———



Signes.

Né sous le signe du V…
Telle cette eau inespérée sur la plaie brûlante.La vie désenchantée surmontée,l’impasse nouvelle et le rebond salvateur jusqu’à la fatale brisure de l’élastique.Le texte en fin de compte est cette eau bienfaisante,tantôt source jasante
cascatelle rieuse
ou cataracte meurtrière.
Enfant je mesurais l’accroissement de ma force au contenu des seaux d’eau que je pouvais porter.Ces gros seaux qui dataient de Mathusalem,perçaient souvent sans avertir.Porteur d’eau de la discrète et fraîche fontaine au sol en terre battue de la masure ou à l’étable pour étancher la soif de quelque bête malade.Le gamin suppléait à l’absence des femmes.
Porteur.
Laveur.
Verseur d’eau.
L’importance de mon signe astral de naissance ne devait m’apparaître que bien plus tard:le verseau.
Nul besoin d’exhorter,l’ère du Verseau est entamée depuis des lustres.je vois dans les évènements de cette fin du 20ème siècle,
apocalytiques,eschatologiques,prophétiques,reprises et retours de flammes,brandons d’incendies d’un temps de feu et de fureur.Le chaos d’avant la régénération universelle.
« Et marie-t-on le feu et l’eau
De l’autre côté du rideau »…écrivait la grande poétesse et astrologue Angèle Vannier.

——–



Amour amours.

Ton corps offert comme le coffre
Du château du bois de la nuit
On compta trois jours de noces
Pour la meunière et le marquis.
Amour appel
Du temps jadis(bis).

Ton corps offert dans les bruyères
A la caresse de la pluie
Ta danse du feu sur les monts
Dans le naufrage des orties.
Amour appel
De mon pays(bis).

Ton corps offert comme la valve
De la conque des mers impures
Qu’on retrouva dans les bagages
De celui qui vit l’azur.
Amour appel
De l’aventure(bs).

Ton corps offert au ciel des lunes
Qui rameute les brisants
Quand les navires comme nombres
Chavirent au large à midi.
Amour appel
De l’infini(bis).

Ton corps offert comme le livre
Qui ne sera jamais écrit
A la page du jour de vivre
Où se brise ma folie.
Amour appel
De poésie(bis).

Ton corps frémissant dans mes paumes
Tout de désir crainte et envie
Qui exulte et qui chavire
Aux forts effluves d’harmonie.
Amour appel
De la vraie vie(bis).

——

.



Seuils.

Poète au seuil de ma maison
Ta place est au bout de ma table.
Poète au seuil de ta raison
Comme vacher en son étable.
—–
Il est encore des mots à naître
Il est des mondes à trouver.
Par l’étrange moineau
qui fabrique l’espace
Le Chant nous sera redonné.
Nous serons multitudes
A l’attendre des yeux
Eternelle mouvance
Que le soleil habte
Eternelle cadence
Du coeur prédestiné.
——–
Outre temps outre mers
Passeront des navires
Par des nuits traversées
De cortèges de lunes.
pour d’infinis servages
Des hommes vont périr.
Si les chiens hurlent
Aux crêtes des bruyères
Une voix retenue
Retrouve sa vigueur.
Par où
Vers où.
Tous les mâts des navires
Comme des bras ouverts.
——-



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