Seuils II.

Toi qui te cherche
Et ne te trouve pas
Tu n’es qu’un parmi les autres
Les baladins font route vers le bois.

Toi qui aime
Sans savoir pourquoi
Toi qui aime toutes choses
La vie la vie l’oiseau entre tes doigts

Toi qui va
Ton long chemin de croix
Ta peine ne vaut pas la rose
Qui s’ouvre au jour que tu ne voyais pas.

Toi qui pleure
L’enfant de tes joies
Ta mémoire a portes closes
Demain demain tes chants à pleines voix(bis).
—-
j’ai deux amours pour mes deux voix
L’une est du bourg l’autre est du bois
L’une est oiseau qui chante en cage
L’autre est bateau dans mon naufrage

L’une me parle de ses loups
L’autre me montre ses images
S’il est des baies parmi le houx-ou-ou
Il est des épines aux feuillages.

L’une me dit que je suis doux
L’autre me traite de sauvage
Quand l’une me lance ses cailloux-ou-ou
L’autre me panse le visage.

L’une me traîne dans la boue
L’autre m’assoit sur un nuage
je suis la risée des grigous-ou-ou
Et la grand honte du village.

J’ai deux amours priez pour moi
Mais dans mon coeur quel mirage
Le pain rompu sur leurs genoux-ou-ou
Pour aimer l’amour en partage.

—–



Je chante

Je n’ai pas choisi de chanter comme on pose
Illusoire photo médaille sans revers
Non je n’ai pas choisi fenêtres et portes closes
la maison qui m’abrite est en pleins courants d’air
Je chante comme on arpente une forêt sans fin
Les arbres qui s’avancent me barrent le chemin.
Je chante comme on espère un pays de ruisseaux
Les montagnes se perdent où affleurent les mots.
je chante comme on naquit et comme tout se perd
Si ce n’est le paradis est-ce déjà l’enfer.
Je chante comme l’amour illumine ma route
Sur les pas d’un retour d’attelles et d’écoutes
je chante comme on veut croire que toute mort est comptée
Mon peuple son histoire ma terre désertée.
Je chante comme on guette une île du regard
Une perle de quête dans les eaux du hasard.
Je chante comme on soupire et comme on se sent bien
Quand les premières gouttes vous caressent la main
Je chante comme on se damne pour un rêve lointain
Pour l’enfant qui proclame son pays pour demain.

———-



Voyages.

Au revoir mon amie mon âme est en voyage
Vers des mondes perdus entre la terre et l’eau
On y voit des soleils briller sur des côteaux
Et la splendeur du jour répandue sur des plages.

Des mots aventuriers préparent leurs valises
N’y mettront pas d’armure à peine une chemise
Y mettront bien chambré un litre de bon vin
Pour les amis trouvés sur le bord du chemin.
Y mettront Vivaldi Eluard ou Cadou
Le printemps qui s’en vient pour retrouver le houx.
Y mettront Mozart Rimbaud ou Baudelaire jaillis
Les poètes errants par les chemins de terre.
Y mettront quelques pages d’un grand livre d’histoire
Les nations oubliées s’y disputent la gloire
Y mettront les accents les sursauts les soupirs
Les sauvages beautés de ma langue martyre.
y mettront quelques plinns jaillis de la bombarde
D’un gueux sonneur de bals auréolé de hardes
Y mettront l’aire neuve pour de belles moissons
La tendresse perdue des lambeaux de chansons.
Y mettront dans le vent des marées de feuillages
Les oiseaux de demain au concert des ramages
Y mettront nos vigies pour guider les regards
Et baliser des temps qui voguent au hasard.

A bientôt mon amie ma solitude peine
A vouloir retrouver mes perles sous mes fleurs
J’ai soif d’eau claire à ta fontaine
Et le creux de tes mains pour y nicher mon coeur.

——-



Enfance ma patrie.

Ma mémoire en secret dévide au gré de l’eau
L’univers se lézarde en silence;
quels demains se préparent aujourd’hui.
Je voulais te dire ce vieux pays à jours
Telle un île échappée aux crues qui dévastèrent
Nos rives et nos rires au temps des floraisons.

Ce fut dans un pays de mauvaises ardoises
Et que j’y fus enfant ou que j’y fus grillon
J’y apprenais la vie aux piqures des ronces.
J’étais roi d’un arpent de landes infinies
Et dressais les épis du bout de mes bâtons.
Je parlais à le terre en suçant des prunelles
Et menais mes troupeaux aux estives du ciel.

Ce sera un printemps à gaver les bourgeons
Et des vagues de verts à étouffer les monts.
Gwenc’hlan sous son ménez rugit dans sa prison
Et mon cavalier noir galope au bord du gouffre.
Entends depuis Roc’h Kuz au seuil de mes palais
La lente mélodie parcourant les bruyères
Semeuse de pollen pour fleurs de sarrazin.
je te dis un pays de légendes à foison
Essaimées par les vents de prairies en forêts
Et des temps de vertige quand l’homme s’arrimait.

Mes voleurs de chevaux ont parqué leurs cavales
Et chantent leurs diskans dans le clair des étoiles
Ici régnait en dieu le serpent à deux tête
Dévoreur de moutons d’enfants de lavandières
Et ses halètements dans les touffes muettes.
Ecoute le chant sourd des errants dans la nuit
Nos pères qui s’en vont retrouver les jouvences
D’une patrie de foi aux regains d’espérance.

Ce sera un été à flamber les futaies
Aux cahots des sentiers répondront les fauvettes.
Ici nous parlerons la langue de nos pères
L’écho de nos vallons ne répond pas français.
Terre aux drames tranchants comme lames de faux
Ivresses des vins bleus qui gagnent les couteaux
Ce chemin a gravé les pas hallucinés
de l’étalon géant qui tirait sa batteuse
Guidé par une escouade de lampyres.
Je te dis un pays de grognes par milliers
Pour l’étoile perdue dans la nuit du manteau
Qu’adviendra-t-il jamais de la joie qui n’est plus.

Ce sera un automne à impliquer les mains
Pour deux poires pataudes au verger des mirages
je cueillais la reinette parmi les douce-amères
Et le cidre coulait dans la liesse des bondes.
Du temps que je me faisais des pipes avec des glands
J’engrenais ma trémie de graines vagabondes
Et la mélancolie des chênes qu’on pourfend.
Je te dis un pays aux rêves d’abondance
Aux panerées de fruits trop lourdes des enfants
Et aux vieillards princiers qui bravaient l’indigence.

Mais l’enfant que je fus te mène à ses prairies
Par un sentier rayé de glaise gris et bleue
J’y voyais la folie et j’y lisais la guerre.
Un tank avait glissé et troué le feuillage
Moi je sautais si haut dans les fourches de saule.
Les morts les disparus c’était pour la veillée.

Ce sera un hiver à arrêter le temps
Dans l’écoute des gwerziou venues du fond des âges
Les arcanes du feu retrouvaient leurs aèdes
Les hurlements des loups à, l’orée des bois noirs
j’étais dans mon logis à l’affût des tempêtes
Entre un rêve de fleurs et l’attente des bêtes.
La neige m’emportait vers des rives magiques
D’alphabets imagés d’icônes de douceur.
Je te dis un pays de saints et de poètes
Où des dieux en maraude par les chemins déserts
Venaient parfois chercher le gîte et le couvert.

Mais lui qu’allait-il faire là-bas à Salonique
Et ce train infernal tant de fois entendu
C’était Loeiz mais Fanch qu’en est-il advenu
Ce beau militaire dans son cadre jauni.
Verdun dachau ce fut à quelques pas d’ici.
Mon troupeau disparut dans l’oubli des tourbières.

Ce sera une année encore pleine et prospère
Lorsque nous reviendrons pour retrouver les pierres
J’ai rêve de moissons dans les feux de l’été
De source à flamber dans la fraîcheurs des aulnes
De filles à aimer aux lavoirs des senteurs.
J’ai rêvé de guetteurs aux clochers millénaires
Annonçant les aurores et clamant le retour
D’un peuple évanoui dans les sentiers de terre.
je te dis un pays qui renaît de mourir
Marchant au fil de l’eau qui panse ses blessures
Et féconde en chantant les terres à venir.

O va halon
Piou a gar an itron(bis).
Va zouar n’eo ked ar bed man
O va zud ker va henvro koz
Sterennou breiz a zo luhan
Evel eun tan gwall e kreiz an noz.

——–



Pour comprendre.

Je tente seulement,à postériori,de vertébrer un mouvement,une évolution mentale et intellectuelle apparemment confuse.Un ensemble de textes disparates,saisis dans l’instant,tels tableaux de peintre sans liens visibles.L’interprétation n’est pas mon affaire.L’ordre chronologique s’impose en meilleure garantie de l’authenticité de ma démarche.
Quelle force obscure m’obligeait à la prise de parole:ce travail de Sisyphe sans but ni gratification.Je passais d’une folie à une autre,d’un coup de foudre à un autre,bref et violent.Mon existence,échappant au contrôle de ma raison,devenait une errance quotidienne.Les quelques repères qui structuraient ma vie,maison,famille,métier etc…partaient en eau de boudin. »Dérèglement raisonné de tous les sens » serinait Jean Arthur Rimbaud,mais hors quelque volonté de ma part,telle une initiation imposée de l’extérieur,une désignation sublime.Parallèlement,mon texte se densifiait,gagnait en poésie et en musique.
« La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile.
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther
Je mets à la voile.. ».
J’allais oublier Baudelaire.



Enfant Mozart Enfant.

Enfant tes mains sur un piano
dans l’éblouissement de tes premières notes
Enfant tes mains sur les carreaux
De givre vert et de cristal
Quand se dehanchent dans les bals
La vie blanche et carnaval
Aux rythmes des tambourins du sang
dansent les farfadets des champs
Et les poitrines des géants
Qui s’en vont boire l’océan
Quand la lune tombe en extase
Devant les bottes de Pégase
Et le soleil cet animal
vient faire hennir son grand cheval
Dans les brancards des capitales.
Tu seras
Tu seras la musique…sique
sique que lon lère
sique sique sique lon la…(bis).

Enfant tes doigts sur un pipeau
Dans les bergeries des collines
Enfant tes yeux dans les roseaux
Sous les clochettes des mâtines
Quand tous les ballots de coton
Des amériques de flonflons
Feront blanchir les dents des noirs
Dans les tunnels du désespoir
Si pour manger tout ton avoir
Tu veux acheter les tours d’ivoire
des messieurs aux grands cigares
Qui ne s’endorment plus la nuit
Pour veiller sur le bien d’autrui
La fin du monde est après nous
Disent les sots et les grigous
Quand la fin du monde viendra
Quand blanchiront les camélias
Quand tous les marchands de canons
Ecraseront tes horizons
Sous des tonnes de mirlitons.
Tu seras
tu seras la musique…-bis).

Enfant tes rêves en partance
Par les chemins des écoliers
Enfant gribouille où est la France
Où est l’Afrique où sont les dés
Mathématique est en voyage
Sur la terre des pigmés
Des kilomètres de bagages
des kilogrammes de baisers
Quand les grands maîtres de la terre
Inhumeront les chevalier
Sous la couronne nucléaire
Au bois n’y aura plus de lauriers
Tu seras
Tu seras la musique…(bis).

Enfant tes rires en cascades
Enfant tes larmes ingénues
A terme au bout de l’escalade
Quelle victoire dans les nues
Enfant le juste à bout de peine
Enfant ton nom dans tes cahiers
Enfant ta joie comme une aubaine
Enfant ton jour à satiété
C’est ton présent que l’on malmène
Ton avenir hypothéqué
Je crois comme on croit aux chimères
Ton univers insoucieux
Ta joie ton amour ta lumière
tes bras tendus comme vers les cieux
Tu seras
Tu seras la musique
Sique sique sique lon lère
Sique sique sique lon la.(bis).

————-



Si je vous vois.

Si je vous vois comme vous êtes
Et si j’ai réappris vos noms
C’est que j’ai dû laisser ma tête
dans un coin de vos prisons.
Si je vous dis demain la fête
Et les étoiles en sillons
Me ferez vous encore la tête
Appelez moi par mon prénom (bis).

Si je vous lègue en héritage
Mes défroques de moinillon
Que saurez vous de mes voyages
En creux de terre et sur les monts
J’ai charge d’hommes en parcage
Dans les enclos d’humanité
Qu’avez lu dans le feuillage
Larmes ou perles de rosée (bis).

Serait-il dit bien davantage
Entre les pages d’un missel
Qui aurait compté sous l’orage
Ses vieux bubons pontificiels
refaire un dieu à son image
Affaire du premier venu
Planter drapeau sur les nuages
J’ai les poings liés et les pieds nus. (bis).

Si je vous dis qu’un train s’arrête
L’homme en serait-il descendu
Quelle heure est-il madame la chouette
A la montre de l’inconnu
Quelle heure est-il madame persil
Une heure un quart madame trois quarts
Quelle heure est-il monsieur avril
Midi moins le quart madame bobards.

Si je vous dis qu’un grand poète
Naît dans les cendres d’un bûcher
Puisque la flamme ne s’arrête
Où en es-tu de l’épopée
Un coeur prochain à mettre au monde
Dans la grande fosse aux vivants
Tu me l’as dis en eau profonde
Il est des âmes dans le vent (bis).

Si je vous crie halte à la chance
Des cathédrales vermoulues
Tous vos combats perdus d’avance
Le petit homme il est tout nu
Mon pied de nez pour la croyance
Tous les bâtons n’sont pas rompus
Sur les terres de l’innocence
Les loups n’sont pas tous disparus (bis).

Si je vous dis par droit d’aînesse
L’enfer regorge de repus
Je vous le dis pour vos tendresses
Pas de pitié pour les vendus
En mon royaume de souciance
Il n’est ni vice ni vertu
Mais une ardente patience
A mériter le jour reçu bis).

—————–



Poésie des confins.

Chantons chantons
Flammes rebelles
L’épi germé du fond des eaux
Chantons chantons
L’eau qui ruisselle
Sur les plaisirs d’un jour nouveau.
—–
La nuit revient
Je suis immense
Immaculé de laine blanche.
Si mes yeux s’ouvrent
C’est l’éclair
Et l’avalanche de vos doigts
Ah j’aimerais tant qu’on me croit.
Ma patience défie l’outrage
Il fait si bon de temps en temps.
—–
A renaître cent fois
De mille et mâles morts
Et la guerre gagnée
Sur les vieilles couleurs
Je vins pousser mon cri
Dans le désert des sciences.



Pour le temps d’une chanson.

Pour le temps d’une chanson
Douce douce douce
Ma rivière est ma prison
mousse mousse mousse.

A l’écoute de la vie
on apprend des choses
Les chemins de la folie
Sont semés de roses.

Au bestiaire de l’oubli
Rampent les chimères
Est-ce le jour est-ce la nuit
Que les renards espèrent

Toutes les mains de la pluie
Tendent des bruyères
Au petit prince qui bruit
Dans les âmes fières.

A la criée du bonheur
J’ai perdu la tête
Pour une gamine en fleurs
Un p’tit air de fête

Mes amours et mes amis
Compagnons de route
Quand on ne sait plus qui est qui
Otez moi d’un doute.

Puis vint le mois de marie
En d’anciennes brises
La musique de Paris
Au temps des cerises

Tra la la la léno
Dans mon p’tit coin de France
C’est-y pas plus qu’il n’en faut
Pour garder l’espérance.

Mon pays il se fait temps
D’être un peu nous-mêmes
Que revienne le printemps
Pour tous ceux qui s’aiment

Notre coin d’ombre pour nous deux
Est-ce la mer à boire
Toutes les larmes de tes yeux
Content ton histoire.

————



Le diable est beau.Roll and rock.

N’approche pas madame
N’approche pas trop
Tu y perdrais ton âme
Et tous tes chants d’oiseaux.
Le Diable est beau (bis).

Toutes tes orgies d’alcoves
Ne sont pas de saison
La paille où dieu se love
Vient d’anciennes moissons
Le Diable est bon (bis).

Pour tes amours païennes
Il est des loups-garrous
Qui dans la nuit reviennent
Hurler parmi le houx;
Le Diable est doux (bis).

Ma soeur conventuelle
Au voile de vertu
Vois tu sous les chandelles
Passer des mains velues
Le Diable est nu (bis).

O toi mon enfant sage
Quand la lune s’endort
Ton grand livre d’images
Découvre ses trésors
Le Diable est mort (bis).

—–



123456...11

Dans le Jardin des mots |
j'ai "meuh" la "lait"cture |
Les Chansons de Cyril Baudouin |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | elfes, fées, gobelins...
| Pièces fugitives
| sosoceleste