Salmo salar.

Qu’as tu vu dans tes eaux
Toi qui naquis poisson
Au fond d’une vasière
Toi qui sais l’effroi de la bouvière
Dans les viviers ardents
Où paissent les saumons.
Salmo salar
Adoubé mille fois pour un sainte guerre
Duc maudit d’un pays de rocailles
Paladin hauturier
Prince des hautes eaux
Pour quel graal inconnu
Voué à la croisade
La remontée des preux à l’assaut des frayères
la quête pure le combat incessant
Passent les conquérants en livrée de lumière.
Taches de sang sur les harnois d’un jour
Quelle rançon dis tu
pour une seule capture
La mort dans les iris unique destinée
Et le sang qu’on triture parmi les herbes sages
Pestilente hérésie.
Le grand mal décimant la troupe des vainqueurs
Un flot laiteux charroie les blasons ternes.
Salmo salar dies irae…dies irae.

————–



La guerre de troie n’aura pas lieu(après JGiraudoux)

Passons sous les rayons de lune
Dans les flotilles en haute mer
Entendez les cornes de brume
D’un royaume aux mille dieux
La vague a des crêtes d’écume
La guerre de troie n’aura pas lieu(bis).

Nous n’étions pas de la légende
Les vents ont effacé les pas
Qui entamaient leur promenade
Vers les dunes sous les cieux
La vie chante à la cantonade
La guerre de troie n’aura pas lieu (bis).

Immolons ce coeur coupable
D’aimer l’amour aux abois
Amis buvons à cette table
Dans la coupe des adieux
Le vin qui coule dans la fable
La guerre de troie n’aura pas lieu (bis).

S’il est lumière en creux de lames
Veille de terre en la palud
Celte carrière épithalame
Pour les mariés de mille deux
L’antique roue grène son âme
La guerre de troie n’aura pas lieu (bis).

———-



Arts.

Art de la ligne et du toucher
Envols des racines.
L’Art est vie dans l’astral.
Cités au large des édens
Les vagues ont roulé sur le liège poreux
marées d’ombres sur la lune.
Un nouvel oeuf dans la paume.
Brise ma vie je trouverai mon temple
L’exemple de la feuille
les notes se répondent
Les bêtes de la terre vont ignorant les fleurs
Brise ma vie je brouterai les saules
Eaux vastes sang des chênes
Corps impurs remis par la douleur.
Brise ma vie ma route est de grand vent.
—–



PERIODE II.

Car d’autres temps arrivent et,avec eux,de nouvelles prises de conscience,telles prises d’air après l’empoignade.L’expérience fortifie ou laisse sur le bord de la route l’être jeune,naïf,écartelé,fantoche pantelant livré aux lazzis des quatre horizons.
Le temps de découvrir la nécessité de la lutte,pour sa position,pour son amour,pour sa patrie intime,pour se mériter et le déchirement de la nécessaire rupture,des ruptures en chaînes.
Se perdre et se reconstruire.L’autre n’était qu’un rôle,une fonction,une façade sociale.Restait la partie le plus périlleuse à parcourir:l’initiation au manichéisme de la vie,à la vie sans illusions,sans laquelle il n’est pas de littérature véritable.
Face à l’adversité,à cette étrange descente aux enfers,la solitude devient le lot du persécuté.Les quelques mots ou gestes d’affection que la vie vous apporte,vous sont alors pépites d’or dans la gangue des jours et votre mesure d’humanité.Vous apprenez peu à peu,le sens du mot fraternité.
————



LES CHANTS DE L’EXIL.

Exil:Le repli de l’homme incrédule devant l’incompréhensible férocité du monde.
Exil:le retrait en son âme.
Le recul progressif jusqu’aux retranchements ultimes de son territoire.Tel l’Indien devant l’envahisseur blanc,tel l’Inca devant le conquistador avide et cruel.
Persécutés au nom de dieux étrangers,subjugués par les éclats de verroteries de civilisations inconnues et brutales.
je me serais lové sur quelques biens sans importance:
Des souvenirs.
Des images.
Des mots.
A charge d’un monde à reconstruire dans une solitude sans fond,sans illusions.
——-



A la voile.

Ton chemin solitaire
Et mon sillon de nuit.
La fulgurante étoile
Qui brillera quand même
Ou périra d’ennui.
je dois mettre à la voile.
—-
Il coule un large fleuve
Sous la meute des pas;
je garderai pour toi
Qui sauras me sourire
Les moissons de soleils
de mon regard trop las.
Toute chair est pesée
Plus lourde que sa croix.
Tout envol vient se fondre
En la glaise infertile.
Il neigera demain
Des flocons de lilas.

—–
Si je vous parle ainsi
Est-ce donc bien la peine
Quand on ne pèse plus
Que son poids d’agonie
Au fil des jours
S’écoulent les semaines
Suis-je ici
Suis-je déjà ailleurs
Les bourreaux de l’amour
M’arracheront le coeur.
—-
Seul
la nuit
la croix du nord
Et plus rien ne me frôle.
pas d’amis surtout
pas d’amis.
des chiens aboient
un maraudeur
Aux tempes folles
Un visage semblable au mien
dans vingt ans
Et un manteau à trous;



Errances.

Où vas-tu cueilleuse de violettes
de doutes en prières
tu dis ta fêlure
Ton brin de raison.
Tu dis les justes à aimer
Et les justes qu’on aime.
La terreur d’une oreille perdue.
tu dis l’adresse du printemps
Pour la maison des autres
Tu dis la joie envahissant la une
Comme si tu voyais
La flambée au bout d’une allumette
Tu dis la hachette
Sanglante de l’erreur
Et le chant profond des fleurettes.
——
Pour tes sautes de coeur
Trouver terre d’asile.
Toujours là-bas
Que tout se joue.
Voler pour être la première
Où la vie lance ses grenades.
Blessée d’hier parmi la foule.
Ton jour ne cesse de grandir.
—-
Ne t’avance ni ne t’arrête
Sur les chasses du baron
L’amour est-il cette maison
Où un quidam qui me ressemble
A pénétré par effraction;
Figés d’orgueil
Blessés de rires
les hidalgos s’en vont(bis).

Emportée sans retour
Je vais plume légère
vers les bras grands ouverts
de l’horizon marin.
J’aime qui me transporte
A mes rappels de sources
J’aime qui me confond
Au mystère des choses
J’aime qui me répand
En gerbes sur la terre
Ah je voudrais jaillir
Dans une flamme verte.

Pour la paix de mes nuits
j’ai besoin de savoir
Que mes amis tombés de la rosée du ciel
Marchent d’un même pas
Vers un même soleil
—-
Dire.
Le rêve vainqueur
Qui renaît de périr
Et l’éternel retour
des saisons de l’enfer
Les hommes employés
A congeler les coeurs.
Qui osera dire Dieu
Pour nous parer de gloire.
marins oui sans Ouessant
Bons soldats de naissance
Chantres moutonniers
De ruines viagières
Faudra-t-il pour comprendre
Avoir déjà compris
Faudra-t-il pour aimer
Avoir déjà péri.
Les hommes vont leur destin de fourmis.
—-
Dîtes moi ce savoir
Ancien
Comme la pluie.
Juste
Comme l’horizon
Bon
Comme un pays natal
Droit
Comme l’axe végétal
Dangereux
Comme l’eau pure
Contagieux
Comme la peste
Un savoir de joie
de sagesse indivise.
—-



Epures.

La grande nuit conte son drame
Et calme haut
la grande nuit n’a plus de larmes
S’en sont allés
Chanter ruisseaux
sources bavardes et perles d’eau
Sur fond de lune un peu gaillarde
d’avoir tant bu de vin nouveau.
S’il est fantômes
Aux mansardes
Qu’ils viennent jouer du pipeau
L’histoire compte ses lézardes
Sur les tréteaux.
Veilleurs de nuit voilà le drame
Attentes sur tous les réseaux.
Je pense à toi à bout d’antennes
je pense à toi
Et c’en est trop.
Armand Robin.
——
Guerrier.
Par quel sentier passe ta guerre
Sous les pétales du printemps
Que vaut le feu de tes colères
Qui t’a donné le droit du sang.
—-
Ce sera toi demain
Par grand vent de soleil
A la croisée des jours
Ce sera toi toujours
Et puis ce sera moi
Au sortir d’un regard
Nous nous reprendrons
A aimer doucement
Sans plainte sans cri
Je te raconterai
L’histoire de ta vie
Nous nous réchaufferons
D’ancienne complicité.

Ciels;
Le trait avance
Rouge
Fin de jour en Mégalithie
ronde
La lune fauve épouse
Le trait singulier.

Boucle;
Je marche pour savoir
Vers la plus haute preuve
Une main dans ma main
Mon ombre fait peau neuve.
—-



Post-mortem.

Dîtes ce que je fus
Dîtes combien je dois.
La dentelle du jour
A traversé les toits.
De toutes larmes bues
Perleront des feuillages
La croix l’unique croix
Plante son paysage.
Dîtes ce que je fus
Faîtes chanter ma voix
Mes mots vous porteront
Sur les ailes des signes
Et le sang de mes nuits
Dans vos coeurs aux abois.
Homme j’ai mérité
De toutes vos prisons
Homme j’ai grapillé
Toutes vos baie d’amour.
On dira que ce fut
Une ardente bataille
Un jugement de coeur
Un accident de dieu.
Il nous faut rebâtir
Maison sur la rocaille
Saisir la faulx du matin
Entre nos deux mains nues
Il nous faut rallumer
Les soleils sur les tours
Agrandir un peu plus
Nos appentis à jours
Renaître cent fois nés
Sous le regard des dieux.
Dîtes à ma raison
D’épouser le plain-chant
Parlez à mon amour
de vergers de lumière
Dîtes vos univers
Dans vos perles d’enfants
Vers ce trait renaissant
Du fond des cordillères.



Frère loup.

Que l’on m’apporte une échelle
Pour me projeter aux quatre vents
ou m’écharper sur les récifs.
je dois aller cueillir la lune
Et conter fleurette aux oursins.
Assez assez des mains du vide
Mille ouragans pour un bon vin
Mes vals profonds pour un pois chiche.
Prenez mes mains mes mains de riche
Suis né de glèbe et de misère
Dans des galettes de blé dur
Frère de loups qui vont saignant
Dans les jours verts sous les pelisses.
Assez assez des jours sans peur.
Visage aimé dans une estompe
Le soleil ment mes yeux me trompent
Mes mains écorchées sur les pierres.
Suis né debout parmi le lierre.
Amis des temps de chère pleine
Assez assez des mains de laine
Je te hais toi qui me mines
Frère loup dans la famine
Et je t’aime quand tu meurs.
——–



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